Accueil

Coucou c’est Fafache

 

Les cours: voir les cours d’échecs

Les cours en vidéos: voir les cours

 

 

 

Comment progresser aux échecs ?

La question se pose plus ou moins rapidement à tout joueur d’échecs désireux de progresser dans son apprentissage des subtilités du roi des jeux.

Pendant longtemps, je me suis posé la question, j’avais deux théories :

la méthode occidentale

Il y a trois phases dans le jeu d’échecs, l’ouverture, le milieu de jeu et les finales, selon moi, la méthode occidentale consiste à commencer par les ouvertures, un petit peu, puis le milieu de jeu, et éventuellement les finales, le tout très rapidement, puis, on recommence, on travaille un peu plus les ouvertures, par exemple, après les principes de l’ouverture, on apprend une ouverture, puis on recommence à travailler une autre approche du milieu de jeu, puis éventuellement une finale, note :cette étape peut être passé si le joueur n’en ressent pas le besoin, après tout, à quoi bon étudier les finales si on se fait détruire dans le milieu de partie ? Et donc on revient à recommencer l’étude des ouvertures.

Donc pour résumer, “ouverture, milieu de jeu, finale” et on recommence, comme si on appliquait des couches de savoir, et au fil des années, on finit par obtenir des poids lourds de la connaissance échiquéenne, connaissance intégrée petit bout par petit bout.

La méthode russe

La méthode russe (selon moi) consiste à étudier les finales, mais vraiment, jusqu’à la maîtrise, puis ensuite, le milieu de jeu, pareille étude approfondie jusqu’à une certaine maîtrise, acquise plus facilement, car en apprenant le milieu de jeu après la maîtrise des finales, il est plus facile de comprendre les conséquences (dans les finales) de ses décisions dans le milieu de jeu, et pour finir, il reste l’apprentissage des ouvertures avec les mêmes avantages dus à la compréhension déjà acquise des phases suivantes…

bon, cette méthode n’est pas utilisée par les Russes (ceci dit, l’école de Botvinnik utilisait une progression assez semblable), je vous rassure tout de suite, car elle se heurte à deux problèmes (que j’ai compris plus tard), déjà, il y a la notion de plaisir dans l’apprentissage, quel que soit la matière étudiée, si vous n’y prenez aucun plaisir, vous n’apprendrez pas aussi bien, on a découvert que la mémoire et les apprentissages sont fortement dépendant des émotions qui y sont associées. Et ensuite, il y a un problème de motivation, il en faut beaucoup de l’abnégation pour étudier sans relâche les différentes phases du jeu sans pouvoir réellement les mettre en pratique, sachant que pour faire un joueur de niveau professionnel, il faut commencer enfant, ça a peu de chance de fonctionner.

De plus les Russes font comme les Occidentaux, par couches successives, même s’ils sont un peu plus structurés dans leurs apprentissages et aussi dans le nombre de forts joueurs pour la mise en pratique, mais ça c’est dû à un choix politique de l’ex-URSS.

Ce qu’en pensent les forts joueurs

J’ai posé la question à plusieurs forts joueurs : “en partant de zéro, quelle est la bonne stratégie pour progresser aux échecs ? Faut-il commencer par les ouvertures, les finales ou autre chose?”

Les réponses divergent suivant les styles de jeu, mais il y a tout de même un “fil conducteur”, après les avis divergents sur les temps à passer sur chaque étape avant de reprendre une deuxième (grosse) “couche d’apprentissage”.

Le fil conducteur commun

La première chose à étudier, avant toute autre chose, c’est :

la tactique

C’est la base fondamentale du jeu d’échecs, l’étude de toutes les parties du jeu requiert une bonne maîtrise de toutes les techniques qui constituent la tactique, si vous êtes capable de créer une belle structure dans votre jeu, mais que vous êtes incapable de la concrétiser par une attaque, ça ne sert à rien, pire vous pourriez avoir une position supérieure et perdre une ou deux pièces sur une bonne combinaison tactique.

Il est donc impératif de commencer par apprendre la tactique, apprendre à utiliser chaque technique, s’exercer, faire des exercices, acquérir des réflexes tactiques qui vous seront indispensables pour la suite de votre progression.

Les finales

Une fois que vous commencerez à comprendre ce qui se passe sur l’échiquier, et que vous ne vous ferez plus prendre des pièces dans l’ouverture ou le milieu de jeu, vous arriverez à des finales, que vous perdrez sans doute, il devient temps de travailler les finales, au minimum toutes les finales de son niveau, les finales de base, les finales de pions, et quelques finales avec des pièces, par exemple avec une pièce équivalente de chaque côté.

Les ouvertures

Bien sûr vous aurez déjà quelques notions d’ouvertures (acquises en jouant contre des joueurs plus forts), il en faut bien pour arriver au milieu de jeu, mais après avoir remporté quelques succès, il va commencer à être temps d’étudier sérieusement les ouvertures. Donc je rappelle, on ne commence pas par étudier les ouvertures, c’est relativement important.

Après un certain nombre de parties, chaque joueur commence à “avoir son style”, c’est-à-dire que certains vont prendre un grand plaisir dans la tactique, ils vont devenir des attaquants chevronnés, le calcul des différents variantes, possibilités, et autres pièges est presque inné, ou au moins très naturel, alors que d’autres seront plus posés, construits, accumulant les mini avantages jusqu’à obtenir quelque chose de plus intéressant, pour faire une métaphore, il y a les pythons et les boas, les premiers trouvent un moyen de mordre leurs proies le venin fera le reste, alors que les boas attrapent les proies, et doucement s’enroulent autour, et petit à petit les étouffes.

En fonction de votre style, vous allez vous construire un répertoire d’ouvertures, c’est-à-dire que si vous êtes un joueur d’attaque, vous allez privilégier des ouvertures qui vous permettent un jeu ouvert, avec de nombres possibilités tactiques.

Au contraire, si vous êtes un joueur solide, vous allez chercher à avoir un jeu fermé, une défense impénétrable, et une progression sur le long terme.

Mais le choix du répertoire d’ouvertures n’est pas une mince affaire, car chaque changement pour un nouveau répertoire fait baisser fortement, pendant un temps, le niveau de jeu. Ainsi vous rencontrerez des joueurs qui “stagnent” depuis de nombreuses années parce que chaque fois qu’ils font face à une nouvelle défaite, ils changent d’ouverture, donc ils ne progressent jamais.

Et la stratégie

Alors la stratégie est une partie du jeu assez abstraite, par conséquent, tous les joueurs ne s’y frottent pas, les joueurs d’attaque s’en passent jusqu’à un niveau très élevé (genre >2200 points ELO).

Les joueurs construits eux vont très rapidement trouver leur bonheur dans toutes ces notions abstraites, cette manière d’interpréter une position et de réfléchir qui semble parfois irrationnelle.

Je le rappelle, sans tactique, inutile d’apprendre la stratégie, déjà, vous n’arriverez pas à la mettre en place, et en plus vous ne saurez pas l’exploiter, donc la stratégie, c’est après la tactique.

Les couches

une fois qu’on arrive à un certain niveau, il est utile de reprendre toutes les étapes précédentes, et appliquer le principe des couches. Déjà, on comprend des choses différentes à chaque apprentissage, et ensuite, au fur et à mesure du temps, on complète sa formation dans chaque phase du jeu.

Conclusion

J’espère que tout ceci vous aidera dans votre apprentissage du jeu, bien entendu, ce n’est pas la seule et unique stratégie d’apprentissage, mais c’est une stratégie que beaucoup de forts joueurs ont utilisée.

Je voudrais vous éviter l’écueil habituel du joueur qui à de bonnes bases en tactique, et qui passe 80 % de son temps dans l’étude des ouvertures changeant au gré des défaites et qui néglige toutes les autres phase du jeu qui est essentiel pour une progression régulière. L’ouverture ne devrait occuper que 10 à 20 % de votre temps d’étude.

Je vous souhaite de belles parties d’échecs

Fafache